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La presse parle des acteurs
et des pièces

Brigitte Salino pour Le Monde du Mardi 23 juillet 2013
55 minutes de la vie d’un homme emprisonné

Bientôt, il sera 6 heures du soir. Vous entrez dans le jardin du lycée Pasteur,un établissement privé d’Avignon, qui, chaque été, se transforme en Présence Pasteur, un gros lieu du«off », avec vingt six spectacles de toute nature, joués dans quatre salles. Il y a des arbres,un bar et beaucoup de monde. Ceux qui vont voir Le Jardin secret ne sont pas nombreux: une quarantaine. Ils montent deux étages, et se retrouvent dans une petite salle de classe sans bureaux, mais des chaises en demi-cercle autour d’un espace étroit.

Cet espace, c’est celui de la cellule où le régime de Vichy a jeté Jean Zay, en 1940, parce qu’il avait des origines juives, qu’il était franc maçon, anti-hitlérien et ancien ministre de l’éducation du Front populaire. Jean Zay avait 36ans en 1940. Il devait rester quatre ans en prison, avant d’être tué par la Milice. Il a laissé des notes, rassemblées en 1945 et publiées dans Souvenirs et solitude (Belin, Poche, 566p.,9euros). Ce sont ces mots que l’on entend, dits par deux comédiens qui se passent le relais, pendant le Festival: Pierre Baux a joué jusqu’au 21 juillet, Benoît Giros lui succède, jusqu’au 28.

Ils offrent cinquante-cinq minutes comme on aimerait en voir plus souvent au théâtre, parce qu’elles témoignent de ce que peut vivre un homme engagé, et emprisonné, sans tomber dans le pathos que pourrait susciter la situation. Supporter le froid glacial. Éprouver la faim. Endurer les maladies. Se retrouver totalement seul, face à soi. Entendre les bruits de la vie, dehors, et se dire que cette vie-là vous a oublié. Tenir, jour après jour… Tout cela, on l’a lu, souvent. Mais il y a une telle hauteur et une telle rigueur dans le témoignage de Jean Zay que celui-là, remarquablement mis en scène et joué, vous saisit au coeur.

Emmanuelle Bouchez pour Télérama

Ironie du sort, c’est dans une petite classe avec tableau noir de l’école Pasteur que nous venons nous asseoir pour écouter la voix de Jean Zay, jeune et brillant ministre de l’Education du Front Populaire, emprisonné à Riom par Vichy, puis assassiné par des miliciens le 20 juin… 1944. Une loupiote pendant du plafond, un petit fauteuil défoncé, une cuillère accrochée à côté d’un torchon décrivent l’univers carcéral auquel il fut condamné. Jean Zay était aussi un écrivain. Et l’acteur Pierre Baux nous le fait entendre merveilleusement quand il s’empare de ce journal de captivité, passé à sa femme avant que les conditions ne deviennent plus dures. Jean Zay recrée un univers à partir de rien : sa propre échelle du temps comme sa propre cosmogonie. Le moment le plus poignant porté par l’art de l’acteur est cette complainte réaliste soudain chantée les yeux fermés : une incarnation de l’époque comme de la résistance d’un homme libre en son cœur.

Charles Sylvestre pour l’Humanité

Ce ministre du Front populaire, assassiné par la milice un jour de juin 1943, a laissé un journal de prison. Dans le off, Benoit Giros le met en scène comme une méditation.

La vie de Jean Zay est une condensation du bonheur et du malheur au XXe siècle. Ministre à trente-deux ans du Front -populaire de l’Éducation nationale, et bientôt de la Culture, il rénove, innove, ne recule devant aucune audace pour les artistes, musiciens, peintres, compositeurs. Il fonde le Festival de Cannes face à la mussolinienne Mostra de -Venise. C’est un radical-socialiste comme on les aime : soutien à l’Espagne républicaine martyrisée par Franco, anti-munichois quand son camarade de parti, Édouard Daladier signait avec Hitler des accords honteux, il quitte la France avec Pierre Mendès France sur le Massilia pour ne pas subir Pétain et sa capitulation. Et, soudain, Vichy le rattrape pour se venger de ce juif franc-maçon des Lumières. Jugé en 1940 pour «désertion», incarcéré quatre ans à Riom : ténèbres, gamelle, faim, froid, solitude. Le 19juin 1943, trois miliciens le sortent de sa cellule, l’abattent dans un bois à Cusset où un chasseur le retrouvera.

Mais ce n’est pas de ce parcours que Benoit Giros et Pierre Baux ont fait un spectacle : c’est du journal de prison laissé par Jean Zay. L’itinéraire est exposé dans le couloir qui mène à la salle de classe, lieu modeste mais qui semble prédestiné, avec son tableau noir, pour l’acteur Benoit Giros qui jette quelques mots de ce politique pédagogue à propos de Baudelaire : «Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau»… Chez Jean Zay, dans sa cellule, se croisent beaucoup de témoignages de résistants à la barbarie : il se récite des poèmes appris par cœur comme Stéphane Hessel au camp où il attend son exécution. L’oiseau sur le mur qui «le regarde» rappelle la mésange des Lettres de prison, de Rosa Luxemburg ; l’affreuse liquidation à Cusset ressemble à celle de Victor et Hélène Basch dans l’Ain où les exécuteurs ont laissé sur les cadavres cet ignoble écriteau : «Le juif paie toujours». Basch et Zay sont tous deux libres-penseurs, hommes du Front populaire, de cette trempe que hait la bête qui sommeille dans la droite défaite et en mal de revanche.

Benoit Giros dit ce texte Souvenirs et Solitude sur un ton retenu, avec juste quelques accents qui en font une méditation philosophique à cœur ouvert, comme une confidence personnelle. Jean Zay en sort plus que grandi, tel que la culture profonde peut grandir un politique. L’ancien ministre assassiné n’a pas dit son dernier mot.

Jean-Pierre Thibaudat pour Rue 89

On peut aussi rencontrer à Avignon un être disparu depuis plus longtemps. C’est ce qui est arrivé à Pierre Baux et Benoit Giros en lisant “ Souvenirs et solitude ” de Jean Zay. On connaissait l’homme engagé, le ministre militant, le pionnier et visionnaire en matière d’éducation et de culture (ministre de l’éducation et des Beaux-Arts lors du Front populaire), on savait qu’il avait été poursuivi par la presse vichyssoise et collaborationniste. Arrêté, condamné à mort par un tribunal militaire le 4 octobre 1940, extrait de son cachot en 1944, il fut probablement liquidé par la milice française, son corps ne fut retrouvé dans un bois de l’Allier qu’en 1946.

Ce que l’on sait moins c’est qu’en prison Jean Zay ne cessa d’écrire. Des pages admirables, comme si l’homme, à travers l’épreuve de la prison (et dans des conditions épouvantables) s’était encore élevé. Ce sont quelques-unes de ces pages que disent à tour de rôle Pierre Baux et Benoit Giros, dans un spectacle pour un homme seul titré “ Le jardin secret ”. L’acteur nous attend dans un fauteuil rafistolé. Devant lui une vingtaine de chaises où l’on s’asseoit. Un mètre sépare l’acteur des spectateurs. Entre eux, sur le sol, quelques bougies et bidules bricolés comme en font les prisonniers dans leur cellule. Du théâtre au plus près, dépouillé de tout.

Billetterie

Entrée : 5€ par spectacle

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Hébergements

Se loger à Coustouges

 

 

Appartements à louer :

Dans une belle maison rustique sur la place de l’église (week-end, semaine et mois).

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Gîte Moli d’en Dagues  

En bordure du torrent, dans un écrin de verdure, ancien moulin rénové.

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Gîte rural Mas Las Costes -Villeroge

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Can Subire – Villeroge :

Contact : 04 68 68 42 88

 

Cal Reco – Villeroge

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A 5 mn de Coustouges :

 

Camping municipal

Verte rive de St Laurent de Cerdans

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Gîte le Couloumé

Gîtes aménagés au sein d’un mas agricole labelisés

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