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Retour sur trois moments magiques du Festival 543, festival de théâtre en Haut Vallespir, première édition.

Retour sur trois moments magiques du Festival 543, festival de théâtre en Haut Vallespir, première édition.

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Dans le contexte particulier de cette période, le Festival 543, première édition a été une réussite humaine et artistique, une éclaircie magique dans le ciel du Vallespir. La convivialité a permis de respecter les gestes barrières dans la bonne humeur, le temps a donné aux spectacles de fin de journée un éclairage magnifique sur les pierres de Coustouges et le public diversifié a répondu avec chaleur et parfois émotion à la proposition et à l’engagement bénévole des comédiens, de la municipalité. Le Festival a mis le théâtre au cœur du village et ouvert à tous, la possibilité d’y assister (*1) Les médias régionaux ont aussi apporté leur soutien, merci à la semaine du Roussillon, à l’Indépendant, au Midi Libre, à Radio Bleue Roussillon, à France Télévision d’avoir relayé l’information. Populaire, convivial, ambitieux, émouvant, créatif et…unique en son genre, le Festival 543 reviendra mais cette première restera dans le cœur de tous ceux qui l’ont vécue…

Le Festival 543, Majorette et la fanfare.

Majorette c’est Mireille Roussel, qui connait toutes les subtilités d’un texte et d’une performance qui évoque le destin, les doutes de Viviane, le personnage central. Sur la place de Coustouges, au soleil couchant, Mireille Roussel est accompagnée par le réveil Laurentin, la fanfare Laurentine, le spectacle prend tout son sens et le partage est un exemple unique de l’échange entre la comédienne professionnelle et les musiciens de la fanfare, le public suit, la musique se poursuit à la fin du spectacle… les spectateurs sont accompagnés en musique vers les boles de Picolat du point restauration, comme si le spectacle et le repas ne faisaient qu’un… La première du festival est déjà unique…

Le murmure de Coustouges

« Papiers » de Violaine Schwartz poursuit la soirée, le spectacle évoque un sujet actuel et délicat, c’est une approche humaine qui parle des gens et plus que de politique : ceux qui partent de chez eux, qui migrent. Le sujet, en Haut Vallespir, n’est pas neutre :  de nombreuses familles, ici, sont liées d’une manière ou d’une autre à la guerre d’Espagne et à la retirada que le monument de l’entrée de Saint Laurent de Cerdans honore et que chante Lluis Llach et S. Perez Cruz dans le magnifique « Corrandes d’exili… » (*2). Une référence est faite à cette histoire locale, par l’évocation d’une lettre de remerciement des républicains espagnols pour l’hospitalité des habitants des villages haut Vallespir…La jeune violoniste qui accompagne le texte, joue alors une version de la Santa Espina, alors, dans le silence de la place, un murmure s’élève qui émane du public, on reprend la musique avec ferveur et discrétion : partage, émotion c’est le sens du spectacle, c’est l’esprit de Coustouges et de 543 !

Le silence du jardin secret …

8 août au soir, Pierre Baux joue le jardin secret de Jean Zay… un texte difficile, ambitieux sur la captivité d’un des grands hommes de la nation dont les cendres sont désormais au Panthéon…l’histoire d’un homme qui « grandit en prison », l’attention du public est entière, le spectacle a déjà été joué, notamment à Avignon, mais, selon le comédien, jamais, il n’a trouvé une telle attention, un tel respect pour le texte et son sujet… le silence, l’écoute sont tels devant l’église de Coustouges, qu’un chien venu lui aussi jeter un œil s’arrête un instant au fond de la place, dans le silence et la tension du spectacle, on entend sa respiration ! Cette bienveillance, cette concentration sur la place du village frontalier unit, autour du théâtre, des publics d’âge et d’origine différents, tout le projet du Festival de théâtre « 543 »  est résumé dans ce moment de respect et d’échange, vécu par les comédiens comme un hommage particulièrement émouvant.

*1. Le prix des places 5€ était volontairement bas pour réunir tous les publics.

*2 « A Catalunya deixí, el dia de ma partida, mitja vida condormida, l’altra meitat, vingué amb mi, per no deixar-me sens vida. » « En Catalogne j’ai laissé, le jour de mon départ, une moitié de vie endormie, l’autre moitié est venu avec moi, pour ne pas me laisser sans vie. »

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Le mot d’Antoine Caubet et de Pierre Baux, organisateurs

Le mot d’Antoine Caubet et de Pierre Baux, organisateurs

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Le public était au rendez-vous de cette première édition ! C'était la principale interrogation.

Oui, il y a un fort « réservoir » public dans le Haut Vallespir.

Un public à l’écoute, avide de mots, de silence, de musique.

Un public respectueux des consignes sanitaires que la période nous impose.

Un public très divers, jeunes, moins jeunes, venus de Saint Laurent, de Céret ou d’Arles sur Tech mais aussi de Macanet et même de Gérone pour certains.

Et de Coustouges, bien sûr !

Coustouges et cette place publique, devant ce chef d’oeuvre de l’art Roman qu’est l’église Sainte Marie, sont devenus pour ces deux soirs un lieu de théâtre !

À Coustouges, une «  magie » s’est opérée ! Ce qui n’était qu’une intuition est devenu réalité. Ce décor minéral, millénaire, d’une beauté à couper le souffle, favorise l’écoute, éveille l’imaginaire du spectateur, laisse entendre, grâce à son incroyable acoustique, les inflexions des acteurs, les subtilités du texte, le claquement d’ailes d’un oiseau…

Coustouges, son architecture et ses habitants nous ont ouvert leur porte !

Au sens propre également, puisque deux habitants de la place nous ont autorisés à jouer une scène depuis leurs fenêtres et à y accrocher des projecteurs. 

Cet ancrage, cette participation des habitants, voilà ce qui nous importe. Nous voudrions chaque année créer un spectacle pour ce lieu, cette place, pour ces personnes attentives et discrètes qui nous ont regardés, écoutés, aidés durant la semaine de répétitions précédant le festival.

Alors comment ne pas rêver aux possibles d’une seconde édition en 2021 ?

Et quelle forme lui donner ?

Nous voudrions conserver la « formule » 18h et 20h30, les 7 et 8 août, sur la place à Coustouges.

Un spectacle, une lecture performance ou un concert à 18h dans la lumière du jour descendant.

À 20h30, une création conçue et répétée pour ce lieu. Ici et maintenant, in situ ! La création d’un texte contemporain ou classique, mais pensée pour la place de Coustouges.

À cela nous aimerions proposer à la municipalité un troisième jour ! Une soirée d’ouverture, le 6 août. Une ouverture musicale, sans doute !

Et, dans le but d’ouvrir le festival à d’autres lieux possibles de la région (et il y en a pléthore!), nous aimerions faire des « matinales » dans les villages alentours, Lamanère, Serralongue, Corsavy, Arles sur Tech, Céret et Saint-Laurent bien sûr!

Les 7 et le 8 août à 11h ou midi, deux propositions de lecture-concerts différentes. Deux programmes distincts, pour nous ouvrir à d’autres municipalités, d’autres publics, et susciter chez eux l’envie de venir voir le spectacle du soir à Coustouges. Intéresser, considérer l’ensemble des communes du Haut Vallespir, de Catalogne, créer une sorte d’émulation dans la région, accueillir des touristes amateurs d’art et de mots et de sons, telle est notre ambition !

Donc rendez-vous en 21 !!!!

AC / PB

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